DE LA MATIÈRE DONT
LES RÊVES SONT FAITS

ELISABETH BOUCHAUD/GRIGORI MANOUKOV

RÉSUMÉ

de la pièce

Début du XXème siècle : un énigmatique personnage se terre dans un village de Pologne. Guérisseur célèbre, il n’a jamais su d’où lui venait son don. S’adressant tour à tour au médecin qui le cherche, et aux deux femmes de sa vie, il nous fait revivre la fréquentation du mystère, et l’écartèlement entre science et religion. Soudain, du flux des souvenirs émerge cette rencontre cruciale avec le jeune homme qui se rêvait disciple pour, lui aussi, sauver des vies. Mais un talent peut-il se partager ?
Que peut-on transmettre de soi-même ? Qu’est-ce que soigner ? Un art ? Une science ? Une technique ? Quel est, dans cet acte, le rôle de l’empathie du «soignant» ? Celui de la psyché du «soigné» ?

Durée: 1H20

Création // La Reine Blanche (Paris) // Saison 2020-2021

NOTE

D’écriture

J’ai voulu, dans ce texte qui parle d’un guérisseur, questionner avant tout l’empathie. Pour soigner, le personnage de ma pièce ne fait plus qu’un avec ses malades, et partage ainsi avec eux, comme il le dit, sa propre vie : « Moi, les gens qui allaient crever, ça me donnait envie de les prendre dans mes bras, de leur donner de la chaleur, de leur donner mon corps et ma vie, si vous voulez tout savoir. Je me fichais de leur odeur, de leur sang, de leur couleur de presque cadavres. Ce n’est pas ça qui compte, justement. Ce qui compte : un, je faisais un avec eux. » A quel point peut-on comprendre les autres, et se comprendre soi-même ? Où réside l’essentiel de l’humain ? Comment le retenir, le sauver de la mort ? Mais cette empathie se manifeste pour lui comme un don, par nature peu transmissible, et, aussi, infiniment fragile : « Je cherchais la preuve, Bagena, tu comprends, que ce qui me dépassait, que ce que j’avais fait mais qui me dépassait, et que je ne comprenais pas, et bien, je n’y étais pour rien, en quelque sorte. Ça me rassurait, et ça m’effrayait en même temps… Parce que j’y tenais, à ce don qui m’était pour ainsi dire arrivé comme une révélation ». La même question pourrait se poser pour un artiste, ou pour un scientifique, dont la créativité repose en grande partie sur l’intuition, l’inspiration. Quel poète, quel savant n’ont pas tremblé à l’idée de les perdre ? Il en va ainsi de ce personnage énigmatique, qui longtemps s’est pris tour à tour pour Dieu et pour la lie de l’humanité, avant de retrouver, enfin, sa juste place, à ses propres yeux et parmi ses semblables. Ses derniers mots : « Je vais aller voir la malade, et… Enfin, essayer de faire ce que je peux ».

Elisabeth Bouchaud

TÉLÉCHARGEMENTS

Dossiers et images

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Carine Ekon (chargée de production) |

NOTE

De mise en scène

La scénographie, très simple, évoque la campagne, un village reculé dans lequel il est vraisemblable qu’on puisse vivre en marge du monde. L’homme, en effet, est un ermite. Il ne veut plus de contact avec ses congénères. On comprend qu’il est traqué. En fait, on l’a reconnu, bien qu’il se cache depuis plus de trente ans, et on veut qu’il aille soigner une mourante. Mais il a terriblement peur d‘échouer, et veut s’enfuir. Tout au long de la nuit qui commence par cette panique, il revisite les épisodes de sa vie qui l’ont conduit là. Au fur et à mesure qu’il les comprend mieux, notre personnage arrive à faire la part des choses, et à retrouver sa juste place d’être humain. Son don, qui avait été pour lui, tour à tour, une bénédiction céleste tout à fait inattendue, et une malédiction absolue, redevient une simple chance, celle d’aider ses semblables, sans pour autant faire de lui un dieu. Le jeu de l’acteur, aussi bien dans sa diction que dans ses gestes, et dans le langage de son corps, reflèteront cette évolution. La lumière, tout en clairs-obscurs au début, deviendra de plus en plus franche, pour terminer sur une évocation solaire à la fin de la pièce.Une Gnossienne d’Erik Satie, mystérieuse, envoûtante, sera jouée à l’orgue pour évoquer la musique d’église et, par là, la tentation mystique du personnage. Elle se dérèglera petit à petit, avant de trouver une justesse et une légèreté finales.

Elisabeth Bouchaud et Grigori Manoukov

EXTRAIT

Ce qui avait manqué à Marek pour grandir, ce n’était pas le pain, ni l’eau, non, c’était bien autre chose. Crois-tu vraiment que nos humeurs, nos souffrances, et ces corps, nos corps-mêmes, si fragiles, ne sont que des édifices complexes régis par les lois de la mécanique ? Bon sang, non. Nous sommes bien autre chose, bien autre chose. Nous sommes faits de ces rêves, de ces illusions qui rendent la vie possible, et qui disparaissent avec nous, impalpables, incompris à jamais. Oui, nous sommes de la matière dont les rêves sont faits… Mais comment te reprocher ton ignorance, alors que ça me rassurait, au fond, que tu ne croies en rien d’autre qu’en l’apparence des choses, que tu ne voies rien d’autre… Ton monde était si simple, si plat, si évident… Ah, la part du hasard n’est pas toujours belle. Tu as raison, au fond. A toujours chercher derrière les apparences, on finit par s’imaginer un monde qui n’existe pas. Ce que je croyais comprendre de la vie n’était en fait qu’une illusion. Une formidable, une gigantesque illusion. Puisque j’ai échoué, et que… Puisque je n’ai pas réussi à inverser le cours des choses. Justement au moment où j’avais le plus confiance.

DISTRIBUTION

Participants et partenaires

Texte Elisabeth Bouchaud
Mise en scène Elisabeth Bouchaud et Grigori Manoukov
Création lumières et création sonore Paul Hourlier
Costume Aska Błażejowska et Elisabeth Bouchaud
Jeu Grigori Manoukov

Production Reine Blanche Productions.

Crédit photos: Pascal Gély

| Spectacle-SNES

DIFFUSION

Décor et Régie

Equipe :
1 interprète
1 régisseur
1 administrateur

Voyages / Hébergement / Repas :

Observations techniques :
Arrivée du technicien à J-1 et l’équipe artistique accompagnée de l’administrateur à J.

Plateau :
Le spectacle s’adapte à tout type de plateau. Ouverture de 5,5 m à 12 m.
Profondeur minimale : 5 m.

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